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Définition
Les glissades, trébuchements, faux-pas et autres pertes d'équilibre sur une surface "plane" sont regroupés sous l'expression "accidents de plain-pied", y compris s'il n'y a pas à proprement parler de chute (la victime peut avoir rétabli son équilibre).
Selon les cas, ne sont prises en considération que les surfaces ne présentant aucune rupture de niveau ou bien présentant des ruptures de niveau réduites (telles que trottoir, marches ou plan incliné).
Sont exclues de ce champ les pertes d'équilibre entraînant des chutes de hauteurs (du haut d'escabeau, d'échelles, d'échafaudages, etc.). |
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Démarche de prévention
La prévention des risques professionnels s’appuie sur une démarche dont les principes généraux sont édictés par le Code du travail.
D'après les articles 4121-1 à 4121-5 du Code du travail
Le risque d'accident de plain-pied est un risque professionnel comme un autre à prendre en compte globalement, sans se focaliser uniquement sur les éléments matériels ni sur le comportement des salariés. La démarche de prévention doit avoir pour objectif de réduire le risque de perte d’équilibre mais aussi de limiter la gravité des lésions en cas de chute.
La sensibilisation des travailleurs et de l'encadrement est nécessaire, car ils n'y voient souvent que la fatalité et n'en mesurent pas la gravité.
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Evaluation des risques
L’évaluation des risques constitue le point de départ de la démarche de prévention qui incombe à tout employeur dans le cadre de son obligation générale de sécurité à l’égard des travailleurs.
Pour l’aider dans cette démarche, l’employeur peut notamment faire appel au Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et au médecin du travail.
Le succès de la démarche est conditionné par l'analyse des situations de travail réelles qui permet de faire ressortir et de prendre en compte leurs spécificités.
Sans diagnostic préalable, il n’est pas certain que traiter de manière arbitraire un facteur potentiel d’accident soit adapté et suffisant. Pour être efficace dans la prévention des pertes d’équilibre, il faut agir sur les facteurs de risque dont la combinaison peut s’avérer nuisible.
Au-delà de l’identification des facteurs immédiats d’accident, le diagnostic vise la compréhension de ce qui, à un moment donné, dans l’activité mise en œuvre, dans l’environnement, dans les contraintes de la situation de travail, a fait que l’individu n’a pas été en mesure de réguler son équilibre. Une analyse ergonomique ainsi que l’analyse a posteriori des accidents et des "presqu’accidents" survenus peut permettre de déterminer quels facteurs se combinent de façon récurrente dans une entreprise menant ainsi à des accidents de plain-pied.
Les résultats de l’évaluation des risques doivent être transcrits dans le document unique (article R. 4121-1 du Code du travail). Au-delà du strict respect de l’obligation réglementaire, ce document doit permettre à l’employeur d’élaborer un plan d’action définissant les mesures de prévention appropriées aux risques identifiés. Ces actions seront spécifiques aux situations de travail et donc à chaque entreprise.
Pour en savoir plus sur l'évaluation des risques, consultez le dossier correspondant.
Information et formation des salariés
La sensibilisation de l’ensemble des salariés est d'autant plus importante que le risque d'accident de plain-pied a tendance à être minimisé, banalisé ou mis sur le compte de la fatalité. Insister sur la fréquence et la gravité de ce type d'accident du travail est donc nécessaire. Les consignes ne peuvent être respectées que par des personnes conscientes du danger.
Des documents, affiches, etc. sont disponibles pour contribuer à la sensibilisation des salariés au risque d’accident de plain-pied. Cette sensibilisation sera d’autant plus efficace qu’elle tiendra compte des spécificités des situations de travail en intégrant des éléments concrets.
Les consignes de sécurité peuvent être rappelées par des affiches de l’INRS. Elles devront être placées de façon à être vues régulièrement par le plus de personnes possible et être remplacées périodiquement (une à deux fois par an).
L'employeur doit assurer la formation des travailleurs aux risques et à leur prévention, par exemple à la prévention des risques liés à l'activité physique (PRAP). D'autres formation peuvent être conçues en fonction des facteurs de risque mis en évidence dans l'entreprise.
Mesures de prévention
Ce paragraphe et le suivant listent quelques mesures générales de prévention techniques ou organisationnelles. Elles sont loin d’être exhaustives. Les facteurs de risque identifiés lors du diagnostic doivent être traités de manière prioritaire.
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Exemples de mesures de prévention techniques
Lors de la conception ou de la réfection d'un local de travail, le choix du revêtement de sol doit prendre en compte le risque de déséquilibre. Dans les zones où le sol est souvent gras ou humide, le revêtement devra être antidérapant. Par la suite il devra être maintenu en bon état : les zones endommagées seront signalées puis rapidement réparées.
Le sol devra rester aussi propre et sec que possible. La méthode d'entretien et les produits utilisés devront être choisis de façon à ne pas réduire ses propriétés antidérapantes.
Les revêtements de sol extérieurs doivent être prévus pour les intempéries. La neige doit être balayée et la glace sablée.
Si le sol reste malgré tout glissant, l'employeur doit fournir aux travailleurs des chaussures à semelles antidérapantes. Il faut cependant savoir que les chaussures qualifiées d’antidérapantes par les fabricants sont adaptées aux sols industriels durs lisses et gras. Elles ne seront donc pas nécessairement les plus antidérapantes lorsqu’il s’agit de travail sur chantier par exemple.
Il conviendra d'autre part de vérifier la dangerosité de l'environnement : une personne qui perd l’équilibre a le "réflexe" de se rattraper au premier objet venu, même s'il est dangereux ! Les parties sous tension et les mécanismes mobiles dangereux doivent donc être correctement encoffrés.
Les espaces de rangement doivent être accessibles et nombreux ainsi qu’adaptés aux objets à stocker.
Enfin, l'éclairement doit être suffisant sur les lieux de travail. Les interrupteurs doivent être visibles (donc lumineux) et accessibles. Les minuteries doivent être réglées pour que l'éclairage dure assez longtemps. Certaines zones, en particulier en cas d'absence de lumière naturelle, doivent être éclairées en permanence.
Exemples de mesures de prévention organisationnelles
Des mesures de prévention organisationnelles peuvent émerger de l’analyse des situations de travail. Ces mesures ont trait par exemple à :
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l’aménagement des horaires d'entretien des sols ;
au temps alloué pour le rangement et le nettoyage des postes de travail ;
à l’adéquation des délais avec le travail à réaliser… |
Par ailleurs, la conception d'un plan de circulation dans une entreprise prend en compte de très nombreux critères. Dans le cadre de la prévention des accidents de plain-pied, on peut considérer que le signalement et l’éclairement des voies sont favorables.
Pour en savoir plus sur la circulation dans l'entreprise, consultez la brochure INRS "Le guide de la circulation en entreprise" (réf. ED 975).
Seront également favorables, la signalisation des obstacles, des zones humides, des marches dangereuses ou des ruptures de niveau. Les travailleurs chargés de l'entretien peuvent par exemple signaler les sols humides par des cônes. |
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Panneau signalant un sol mouillé
Reproduit avec l'autorisation de la Suva |
| De même, le remplissage systématique et détaillé du registre d’accidents, même en cas d’accident de plain-pied bénin peut permettre l’exploitation de ces informations à des fins de prévention. |
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